Nous vous avons laissés au dernier blog sur les mystérieux cours de 4×4 de Bastien. Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, en voilà l’explication : nous avons décidé de partir une semaine à l’aventure, dans le Kimberley… en 4×4 et autonomie complète.

Le Kimberley, au nord-ouest de l’Australie, est une région de Western Australia reculée et isolée, qui subit la saison des pluies six mois de l’année de novembre à avril. Mais quand on dit saison des pluies, cela signifie des villages voire des régions entières isolées pendant des mois, sans parler des autoroutes fermées à la circulation et souvent impraticables quand l’eau se retire. Evidemment, on ne mentionne pas la présence des crocodiles, qui eux profitent bien des inondations pour circuler librement.

 

Quelques photos d’archive pour illustrer ce que font les inondations tous les ans.

 

Cette année les pluies ont été particulièrement abondantes et les routes n’ont rouvert que deux semaines avant notre arrivée. Disons que nous avons été chanceux sur ce coup là… Une conséquence directe des dégâts dus à la pluie est que la région est impraticable en voiture normale (basse et à 2 roues motrices). Il faut donc utiliser un 4×4 en raison des cours d’eau et rivières à traverser, de la boue et du sable, des routes de terre, des bosses, cailloux et autres obstacles à franchir. Autant vous dire qu’il ne faut pas être pressé et être capable d’assumer les imprévus…

 

Ça prend vraiment un 4×4!

 

Bref, après avoir pris possession de notre 4×4 aménagé en campervan, nous partons de Darwin pour descendre directement vers Kununurra, aux portes du Kimberley. Nous bifurquons sur l’autoroute au sud afin de nous arrêter au parc national Purnululu qui abrite des formations rocheuses assez atypiques : les Bungle Bungles. L’érosion a transformé les montagnes en cloches géantes, et c’est une sensation étrange de se promener au milieu de ces immenses dômes rocheux.

 

Les Bungle Bungles

 

Nous partons ensuite rejoindre la fameuse Gibb River Road, qui est une autoroute non bitumée. Si vous voulez avaler de la poussière pendant des centaines de kilomètres, vous ne pouvez pas mieux choisir! Mais il n’y a rien à regretter puisque les parcs nationaux sur la route sont tous magnifiques avec leurs gorges, chutes d’eau, formations rocheuses, grottes et peintures aborigènes.

 

Bell Gorge

 

Geikie Gorge, où les crues de 15 mètres “lavent” les falaises tous les ans; Tunnel Creek, où Bastien s’est retrouvé seul, dans l’eau jusqu’à la taille, dans le noir, alors que Manue lézardait au soleil; Des peintures aborigènes, récompense après une expérience 4×4 très intense.

 

Les paysages son époustouflants, les couchers de soleil grandioses et nous apprécions tellement le calme et la tranquillité de la région. On comprend aussi pourquoi Baz Luhrmann a choisi le Kimberley pour tourner son film Australia.

 

Paysages du Kimberley

 

Des baobabs (qu’on ne trouve que dans la région et… en Afrique!) et un coucher de soleil sur le Kimberley.

 

Du camping sauvage comme on l’aime.
Pour dormir, nous nous arrêtons au milieu du bush ou sur les terres des “cattle stations” ou ranchs australiens. Ces domaines occupent plus d’un tiers de l’état de Western Australia et la grande majorité du Kimberley. Les plus étendus peuvent couvrir 5000 km2 (équivalent à la Sicile ou à l’ile du Prince Edouard) et comporter des milliers de têtes, principalement des vaches. Les aménagements pour les touristes sont variables, allant du site de camping sauvage au bungalow façon Club Med pour aventuriers du dimanche.

 

Quand on vous dit qu’il faut prévoir…
Les villes (enfin, villages) sont peu nombreuses et les services assez limités. Toujours s’assurer d’avoir les réservoirs pleins, de l’eau en quantité ainsi qu’un pneu de rechange et divers outils qui peuvent se révéler utiles dans les situations les plus inattendues. Nous avons eu de la chance, la seule mésaventure fut une crevaison, mais Bastien en bon Indiana Jones / McGyver nous a changé la roue en deux temps trois mouvements…

 

Vers la fin de notre voyage dans le Kimberley, nous traversons la très impopulaire rivière Pentecost. Il faut jouer avec la marée pour que le niveau de l’eau soit assez bas, et le courant pas trop fort, avant de se lancer dans la traversée des quelques 200 mètres de rivière. Tant qu’à faire, nous avons gardé le meilleur pour la fin et Bastien était bien rodé après une semaine de conduite tout terrain.

 

La fameuse rivière Pentecost vue des deux rives.

 

Du côté des animaux, nous avons croisé des « freshwater crocodiles » ou « freshies », qui vivent uniquement dans les rivières et se nourrissent principalement de poissons. Ils ne sont pas considérés dangereux, au contraire des « saltwater crocodiles » ou « salties » qui peuvent vivre dans de l’eau douce ou salée et qui se nourrissent de proies plus conséquentes (le touriste allemand est apparemment très prisé). Outre le fait que les freshies sont en moyenne plus petit que les salties, il est relativement facile de les différencier au niveau de la tête : les freshies ont des mâchoires beaucoup plus petites et fines que les salties. Mais bon, qui a envie de s’approcher suffisamment pour mieux voir la taille des mâchoires?

 

Emmanuelle un petit peu crispée de ne pas voir ce que fait le crocodile dans son dos; Bastien qui reste à distance respectable, on ne sait jamais.

 

Il y a eu aussi un magnifique varan (“monitor”) qui se dorait la pillule dans Bell Gorge; et un bébé wallaby, recueilli par le personnel du ranch de Mount Elizabeth, qui ne demandait qu’à se faire caresser.